Ambassadrice de bonne volonté

Ambassadrice de bonne volonté

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Dr Aminata Touré

Dr Aminata Touré, ancienne Première ministre et Présidente du Conseil économique, social et environnemental du Sénégal, a rejoint FIND et l’axe de travail sur les produits de diagnostic du Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT), en tant qu’Ambassadrice pour promouvoir l’accès aux tests diagnostiques et le dépistage dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Aminata est intimement convaincue que le dépistage est la première ligne de défense pour lutter contre la pandémie de la COVID-19. À ce titre, l’accès aux tests est un droit fondamental. Aux yeux d’Aminata, les tests sont un maillon essentiel de la chaîne de soins ; ils sont la clé pour déterminer si une personne est infectée par la COVID-19 ou d’autres maladies infectieuses, telles que le paludisme ou la grippe. Un diagnostic précoce peut permettre de délivrer rapidement les soins appropriés au patient et de stopper la propagation d’une maladie.

Le rôle des collectivités est primordial
Aminata croit fermement que le rôle des collectivités est primordial pour inciter la population à se faire tester. Au Sénégal notamment, une dimension éthique intervient dans la perception de la population locale vis-à-vis des tests. Se faire tester est stigmatisé et cette réticence à le faire est devenue un obstacle majeur. Selon Aminata, favoriser l’accès aux informations sur les tests constitue une partie de la solution. Les populations seraient ainsi rassurées sur le fait que les tests ne sont pas nocifs, mais essentiels pour se protéger, en particulier lors d’une pandémie.

Se faire tester est un droit fondamental
Aminata estime que les comités d’éthique des pays d’Afrique doivent s’impliquer dans les prises de décisions politiques et engager les collectivités afin de garantir l’accès aux tests en tant que droit fondamental. Aux yeux d’Aminata, le partage d’informations et la sensibilisation à l’importance des tests ne peuvent être gérés en silos. Les ministères doivent travailler de concert avec les comités compétents pour être réactifs et transparents avec la population. Il est impératif d’écouter la voix des dirigeants des collectivités locales, des comités d’éthiques et des décideurs politiques de ces pays, pour poursuivre efficacement la stratégie de sortie de crise de la COVID-19.

Les systèmes de santé soumis à rude épreuve
La COVID-19 a alourdi le fardeau pesant sur les systèmes de santé, en absorbant de nombreuses ressources pour gérer le virus, alors même que celles-ci étaient essentielles pour gérer d’autres maladies. Des maladies qui ne peuvent plus être supportées aujourd’hui, à l’image du diabète qui nécessite souvent des soins médicaux urgents dus aux risques élevés de complications pour les patients. Aminata explique que le dépistage renforce et aide les systèmes de santé à allouer correctement les ressources, à traiter les patients et à surveiller les épidémies.

Transition vers une production locale
Les tests diagnostiques peuvent être fabriqués à l’échelle régionale ; par exemple, un pays peut produire des tests pour plusieurs pays de la même région. Aminata pense que l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour développer et renforcer les systèmes de santé de chaque pays, et qu’elle deviendra ainsi autonome, face aux futures pandémies et à d’autres enjeux de santé publique.

La décentralisation des tests diagnostiques est une nécessité
Pour Aminata, la décentralisation des tests est cruciale, afin qu’ils soient abordables, mais aussi accessibles à tous. Actuellement au Sénégal, par exemple, seuls deux centres de tests existent, ce qui rend le dépistage coûteux et compliqué. Aminata pense que l’efficacité des dispositifs de dépistage implique que les tests soient de plus en plus délivrés par les centres de santé communautaires situés à proximité des patients.

 

Dr Aminata Touré a été Première ministre du Sénégal de septembre 2013 à juillet 2014. Elle a auparavant occupé le poste de ministre de la Justice et de procureure générale d’avril 2012 à septembre 2013. Entre mai 2019 et octobre 2020, elle a tenu la présidence du Conseil économique, social et environnemental du Sénégal.

Dans chacune de ses fonctions, elle s’est battue contre la corruption et a œuvré sans relâche pour la promotion des droits de l’homme. De 1996 à 2012, elle a travaillé pour le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), occupant différents postes, dont celui de conseillère principale du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, de conseillère principale au siège de la FNUAP à New York et de Directrice du Département de l’égalité des genres et des droits de l’homme.

Elle a supervisé plus de 30 publications mondiales de la FNUAP. Entre 2002 et 2013, Aminata Touré a également travaillé en tant que Coordinatrice des Programmes de l’égalité des genres et du VIH/sida en Afrique de l’Ouest.

Au cours des cinq dernières années, elle a apporté son soutien à plusieurs processus démocratiques en dirigeant la mission d’observation des élections présidentielles à Maurice, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Libéria et en Guyane. Elle est titulaire d’un master d’économie obtenu à l’Université d’Aix-Marseille, d’un MBA de l’école de commerce de Dijon et d’un doctorat en management international, administration et finances obtenu à l’International School of Management (ISM) de Paris.

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