Appel à l’action

Appel à l’action

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APPEL À L’ACTION en amont du sommet du G7 des 11–13 juin 2021 et des prochaines réunions du G20 sur la santé, pour que les dirigeants mondiaux maintiennent les tests diagnostiques et l’accès équitable au dépistage au sein de leurs engagements à soutenir un redressement durable suite à la pandémie de COVID-19.

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Les tests diagnostiques sont incontestablement l’un des axes fondamentaux des efforts à consentir pour limiter les répercussions humanitaires et économiques de la pandémie de COVID-19, sauver des vies, sauvegarder des emplois, et permettre à la société et à l’économie de redémarrer en toute sécurité. L’identification et le suivi de la propagation des variants, ainsi que l’évaluation de l’efficacité des campagnes de vaccination à l’échelle globale, reposent sur des stratégies de surveillance efficaces. Dans la mesure où personne n’est en sécurité tant que nous ne sommes pas tous protégés, le dépistage devrait être la pierre angulaire de tous les systèmes de santé à travers le monde. Pourtant, un an après l’apparition du coronavirus, les taux de dépistage effectués dans les pays à revenu faible ou intermédiaire étaient dix fois moins élevés que dans les pays à haut revenu.

En 2020, moins d’un établissement de santé sur cinq avait accès aux tests de dépistage de la COVID-19 en Afrique. Il est primordial d’accélérer l’innovation et le transfert de technologie pour s’assurer que des tests rapides et fiables soient disponibles à des prix abordables dans le monde entier. Les élus, les chefs d’État et de gouvernement doivent se saisir de cette réalité pour mettre à l’ordre du jour l’élaboration d’une stratégie de préparation et de réponse sanitaire pour prévenir de futures pandémies. Celle-ci doit notamment adresser le besoin urgent d’intensifier les capacités de production de tests diagnostiques dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pour assurer un accès équitable et la mise en place de solides dispositifs de surveillance épidémiologique.

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Les chefs d’État et de gouvernement ont certes contribué à favoriser l’accès équitable aux tests de diagnostic via l’axe « Produits de diagnostic » du Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT), néanmoins, il reste un déficit de près de 6 milliards de dollars à mobiliser en 2021 pour que le dispositif réalise ses objectifs.

Au-delà de la pandémie en elle-même, la COVID-19 a également mis au jour les conséquences d’années de négligences dans le dépistage de toutes les maladies. Il a été démontré que le diagnostic est le maillon le plus faible de la chaîne de soins pour les maladies tropicales négligées, le diabète et l’hypertension, pour n’en citer que quelques-unes. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, moins d’1% des établissements de soins primaires sont en mesure d’effectuer des tests. Aucun test diagnostique n’existe à ce jour pour 50% des 20 maladies les plus répandues dans le monde. L’utilisation de tels tests pourraient considérablement réduire la mortalité. Face à la pandémie, la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies est en péril, alors même que la sécurité sanitaire mondiale reste un risque majeur et que la mise en place de la couverture universelle de santé d’ici 2030 est menacée.

En amont du Sommet mondial sur la santé du 21 mai 2021 et de la 74ème Assemblée mondiale de la Santé et à la suite du forum organisé par FIND « Tester est la première ligne de défense pour faire face à la COVID-19 et aux futures pandémies », nous appelons l’Organisation mondiale de la Santé, l’Union européenne, l’Union africaine et les chefs d’État à la tête du G20 et du G7 à :

  1. Reconnaître que se préparer à faire face et à répondre à une pandémie, ainsi qu’atteindre l’objectif de la couverture universelle de santé nécessite une stratégie de déploiement des tests de diagnostic globale et intégralement financée ;
  2. Convenir de la nécessité d’une collaboration mondiale et d’une feuille de route coordonnée pour stimuler l’innovation et encourager une action plurisectorielle au niveau national. Nous devons nous appuyer sur les efforts fructueux de l’axe « Produits de diagnostic » de l’Accélérateur ACT, codirigé par FIND et par Le Fonds mondial pour créer une alliance permanente autour du diagnostic. Conformément aux recommandations du rapport 2021 du Panel Indépendant pour préparer et répondre aux pandémies, les pays du G7 se doivent d’investir d’urgence 60% des 19 milliards de dollars nécessaires à L’Accélérateur ACT en 2021, tout en assurant une stratégie cohérente, intégrée et entièrement financée. Cela permettra aux organismes de recherche, aux fabricants de tests, aux prestataires de santé et, surtout, à leurs employés, de déployer des feuilles de route pour créer des systèmes de diagnostic sûrs, efficaces, abordables et donc durables ;
  3. Tirer parti de l’innovation mondiale en utilisant les capacités de production des pays à revenu faible et intermédiaire pour diversifier la fabrication et l’approvisionnement d’outils de diagnostic. Seul un petit nombre de pays fabrique actuellement des tests de diagnostic créant ainsi une forte dépendance du reste du monde. Les réactions nationalistes vis-à-vis des tests et les ruptures d’approvisionnement nous ont mis à l’épreuve et démontrent la nécessité d’un changement de paradigme vers une approche de la production plus ciblée, plus résiliente et plus efficace ;
  4. Apporter leur soutien à l’élaboration de listes nationales des produits de diagnostic essentiels, fondées sur la liste mondiale de l’OMS, et au financement de leur implémentation dans les stratégies nationales de santé publique, afin de se protéger contre les urgences sanitaires mondiales actuelles et futures. Ceci implique de donner la priorité au renforcement des capacités de tests dans les pays à revenu faible et intermédiaire, en adéquation aux contextes et aux priorités nationales. Cette approche est la clé pour bâtir des systèmes de santé solides, durables et résilients qui puissent contrer les futures urgences sanitaires ;
  5. Reconnaître l’importance des tests diagnostiques au-delà du système de santé, en les intégrant dans le quotidien, à l’école et dans le milieu professionnel, pour voyager hors du pays ou pour assister à des événements socio-culturels à grande échelle. Ceci requiert de mandater l’OMS pour élaborer d’urgence des directives quant à l’utilisation des autotests en dehors des établissements de santé ;
  6. Financer les solutions de santé numériques existantes et innovantes qui facilitent le dépistage, grâce à l’intelligence artificielle, aux appareils de surveillance mobiles, à la génomique et aux outils d’autotest. Ces dernières pourront s’appuyer sur les progrès significatifs réalisés dans le cadre des investissements en réponse à la COVID-19 ;
  7. Renforcer les connaissances des décideurs, des professionnels de la santé, des collectivités et des médias en matière de diagnostic, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, pour expliquer, rassurer et encourager l’usage des tests diagnostiques en tant qu’outils essentiels comme première ligne de défense pour protéger la santé de la population. Dans la lutte contre la pandémie, nous savons que la confiance de la population, ou plutôt sa défiance, peut impacter l’adoption de tous types de produits médicaux, des kits de test aux vaccins.

(Photo credit: Abdul Razak Abdul Latif / Dreamstime.com 2019)


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